Cité Scolaire | Thiais (94)

Maîtrise d'ouvrage : Ville de Thiais

Maîtrise d'œuvre : Dusapin & Associés Architectes, Mazet & associés, Ingerop

Surface : 7 063 m² 

Coût : 12 000 000 € HT 

Calendrier : Concours 2009

Pour rassembler différentes entités programmatiques au cœur de ce complexe, il faut savoir écrire au mieux les relations entre ces éléments, de manière à ce que chacun d’eux s’enrichisse de la présence des autres, sans la subir.

 

Dans un contexte urbain difficile d’objets libres dispersés, seule une forme simple et forte, lisible et intelligible, peut être garante de l’identité de la cité scolaire. L’enjeu du projet repose sur la nécessaire réconciliation de ces deux objectifs apparemment contradictoires : la cohérence de l’ensemble –identité– et l’autonomie des parties –usage. C’est pourquoi l’ensemble du projet s’applique à procéder d’une certaine clarté, d’une nécessaire évidence, seul gage de l’intelligibilité des entités et de leurs liens.

 

Ce sont les contraintes du site qui ont donné l’outil efficace de cette clarté. La rue « des Écoles » qui sépare les lots E1 et E2 crée la nécessité de les relier par une passerelle. Cette passerelle est devenue un axe sur lequel se branchent les programmes partagés de la cité scolaire ; à l’origine du plan en croix qui distribue quatre entités : école primaire, école maternelle et halte-garderie, gymnase, restaurant. Cette forme de plan neutre permet à toutes les parties d’accéder directement et indifféremment à chacune des autres. Toutes sont reliées mais sont indépendantes dans leur fonctionnement.
 

Contre l’intersection des axes et traversé par la passerelle, le « Caillou » se glisse entre le gymnase et la rue. Comme posé sur le parvis, c’est un objet architectural, atypique et ludique qui signale les accès. Ces dispositions efficaces permettent d’assurer à la cité scolaire un fonctionnement intelligible de ses parties, tout en donnant l’ensemble à lire comme un tout cohérent.

Le système de façades approfondit cette logique. Une maille opalescente protège les deux corps de bâtiments sur leurs faces tournées vers l’extérieur. Cette peau, vibrante, moirée, semble recouvrir un unique bâtiment qui aurait été coupé par la rue. A contrario, les façades sur la rue « des Écoles » ou sur les cours, moins urbaines et plus protégées, vitrées et colorées, expriment un sentiment d’intériorité à la cité scolaire.

 

La cité scolaire peut ainsi être lue à différentes échelles. Lorsque l’on passe au loin c’est une forme simple et blanche, une masse compacte et intelligible. Lorsque l’on s’arrête dans la rue pour déposer ses enfants, ce sont deux bâtiments, dont les façades colorées se répondent, et un caillou un peu insolite. Lorsque l’on est dans le bâtiment ce sont de multiples entités indépendantes mais toutes connectées à l’axe de la passerelle. Grâce à cette ambiguïté, chaque programme s’enrichit de la présence des autres afin que le tout qu’ils forment soit supérieur à la simple somme de ses parties.